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lundi 23 avril 2018

Jean-Charles Falardeau : penser la société et l’éducation



SES ANNÉES DE FORMATION
Commençons par un bref survole de ses années de formation. Jean-Charles Falardeau est né à Québec le 19 juin 1914 dans un milieu bourgeois. Son grand-père paternel vivait toutefois sur une ferme. Il conservera toute sa vie un intérêt pour cette dyade campagne / ville. De 1927 à 1935, il étudie à Montréal où il fait son collège classique comme la plupart des enfants canadien-français de « bonnes familles ». Il est d’abord pensionnaire au collège Sainte-Marie puis étudie au collège Jean-de-Brébeuf. Ce séjour dans la métropole (ville pour laquelle il a toujours conservé une grande affection) sera important dans son parcours de sociologue puisqu’il sera l’un des premiers penseurs à étudier le caractère urbain de la société québécoise. Mais c’est à Québec (où il revient en 1933) qu’il termine son cours classique au Petit Séminaire et obtient son baccalauréat ès arts de l’Université Laval (rappelons qu’à l’époque chaque collège était associé à une université). À 21 ans, cédant aux pressions familiales, il s’inscrit à la Faculté de droit mais n’y restera qu’une seule année. En 1938 il s’inscrit à la toute nouvelle l’École des sciences sociales, politiques et économiques fondée par le père Georges-Henri Lévesque (École qui deviendra la Faculté des sciences sociales en 1943). Il étudie alors non seulement la sociologie mais aussi l’économie et la philosophie. L’année suivante il soumet un mémoire pour le baccalauréat en sciences sociales, économiques et politiques dont le titre est Préhistoire, histoire et description contemporaine de la réserve des Hurons de Lorette. Son mémoire obtient le prix Raymond-Casgrain en 1940 lors du concours annuel d’histoire du Canada. À partir de septembre 1941, grâce à une bourse d’étude de la Société royale du Canada, Jean-Charles Falardeau est à Chicago où il débute des études de doctorat en sociologie. C’est alors qu’il côtoiera les professeurs de la célèbre École de Chicago, laquelle a joué un rôle majeur dans le développement de la discipline. Il travaille alors avec Everett C. Hughes (son directeur de thèse) et se familiarise avec la pensée de Robert Park et de Ernest Burgess (entre autres). Mais, dès 1943 et pour 4 années, il revient au Québec où il enseigne à la nouvelle Faculté des sciences sociales de l’Université Laval. Même s’il retourne à Chicago en 1947, il ne complètera jamais ses études doctorales, happé qu’il fut par la carrière universitaire et les nombreux projets de recherche qu’il mena sur la société québécoise. Toute sa vie, il regrettera d’ailleurs de n’avoir jamais obtenu son diplôme de doctorat. Dans la suite de notre présentation, nous répondrons brièvement à cinq questions : Quels sont les points saillants de sa pensée ? Comment concevait-il la société québécoise ? Quelle place donnait-il à l’éducation dans son analyse de cette société ? Comment envisageait-il l’éducation pour faire face aux transformations sociales qu’il constatait ?
QUELQUES POINTS SAILLANTS DE SA PENSÉE
Jean-Charles Falardeau conçoit le métier de sociologue comme une vocation :
«Pour ma part, je me suis engagé dans la sociologie comme dans une vocation, en donnant à ce terme tout le poids et la densité spirituelle qu’il avait jadis. Vocation, c’est-à-dire appel et don : appel des attraits intellectuels d’une discipline entre toutes fascinante ; don à des centaines, à des milliers d’étudiants qui, si on leur est attentif, exigent le meilleur de nos connaissances et de notre aide continue [1]
À cet égard, on peut dire que sa carrière fut un bel exemple de don de soi. Sur le plan intellectuel, son œuvre de distingue par l’importance qu’il accorde à la dimension géographique dans l’analyse du social. En effet, ses analyses insistent sur les configurations géographiques et leur caractère déterminant sur l’organisation des institutions et des mœurs. Durant toute sa carrière il s’intéressera à la manière dont les individus sont groupés sur le territoire.  Selon lui, l’organisation géographique des sociétés influe directement sur les types d’institutions et les valeurs qui seront véhiculées. Jean-Charles Falardeau mènera ainsi plusieurs études comparées entre régions et métropoles.
En faisant référence aux travaux de Durkheim sur la division du travail social, il met en évidence :
1)   La façon dont se distribue la population à la surface du sol et les modes d’agglomération humaine, leur étendue, leur volume, leur densité – formes physiques et géographiques ;
2)   La composition des populations par sexes et par âges, leurs transformations dans le temps et leurs déplacements dans l’espace – formes organiques et biométriques ;
3)   La structure démographique et la base géographique des groupements particuliers;
4)   L’aspect spatial et temporel des institutions sociales. 
Influencé par l’École de Chicago mais aussi, dans une moindre mesure, par les travaux de Talcott Parsons, Jean-Charles Falardeau n’aura de cesse de mener à bien des recherches de terrain. Ce n’est pas un sociologue de cabinet. Sa fréquentation de l’anthropologie l’a sensibilisé à la prise en compte des aspects non seulement économiques, historiques et sociaux mais aussi des aspects culturels des communautés étudiées, aspects culturels qui incluaient non seulement les croyances mais également les dimensions techniques. Au plan politique, Jean-Charles Falardeau peut être défini comme social-démocrate et un nationaliste partisan de la reconnaissance des canadiens-français au sein du Canada.
CONCEPTION DE LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE
Tout au long de sa carrière intellectuelle, il a contesté l’idée que le Québec se résumerait à la ruralité et au maintien d’une tradition. Jean-Charles Falardeau a ainsi insisté sur la diversité qui caractérise la société québécoise. Il insiste aussi sur le fait que la société québécoise n’est pas au fond bien différente du reste du continent. Pour lui, l’évolution économique du Québec était étroitement liée à son appartenance au continent Nord-américain.
Jean-Charles Falardeau a également développé deux autres idées importantes. La première est que l’industrialisation et l’urbanisation du Québec n’ont pas été des phénomènes soudains. Dès le XIXe siècle, une longue évolution a entraîné la société québécoise dans cette voie. La seconde est que l’industrialisation ne s’est pas imposée aux Canadiens français et ne s’est par réalisée malgré eux. Pour lui, les Canadiens français y ont étroitement participé à cette industrialisation même une partie des travailleurs a fourni une main-d’œuvre bon marché aux entreprises canadiennes anglaises et américaines.
Mentionnons aussi que Jean-Charles Falardeau a mis l’accent sur le fait que la grande mobilité sociale que connaît le Québec dans les années 40-50-60 a fait en sorte que la famille et la paroisse cessent rapidement d’être les unités de mesure tant prisées par un autre pionnier de la sociologie québécoise, Léon Gérin (1863-1951). Il tient toutefois l’aura de divertissement ou d’accaparement des esprits, propre aux villes, responsable d’une certaine déshumanisation de l’homme jadis de la campagne. Selon lui, un des phénomènes les plus marquants de la société canadienne-française de son époque est celui d’un décalage entre, d’une part, les idéologies et les valeurs stéréotypées et, d’autre part, la réalité dynamique d’une société qui, sous la poussée de l’industrialisation et de l’urbanisation, est en voie de transformation accélérée dans toutes ses structures.
Le sociologue n’a jamais considéré le Québec français comme une minorité ethnique, mais plutôt comme une entité autonome, une culture riche à part entière, qu’il entendait présenter au monde. Il adopta donc une attitude décomplexée et présenta une sociologie résolument plus moderne que celle de l’école de Chicago. L’évolution accélérée du Québec, à ses yeux, représentait non pas un complexe, mais plutôt une importante démonstration de force et d’ouverture sur l’avenir. Il définit ainsi le québécois – le canadien français – comme « un homme pluriel », qui représente la diversité des territoires, en passant par les grandes villes jusqu’aux régions. Comme il le dit lui-même : « Le Québec est fait d’un Nous global et de nous particuliers ».
PLACE ACCORDÉE À L’ÉDUCATION DANS SON OEUVRE
Jean-Charles Falardeau est à l’évidence un précurseur de la Révolution tranquille. Qu’on en juge par ses nombreuses interventions sur la place publique au sujet de l’éducation dans la société québécoise des années 1950. Il juge que la sous-scolarisation des Québécois est très problématique. Par ailleurs, à son époque, les universités, autant canadiennes que québécoises, étaient nettement sous-financées. Falardeau rappelle souvent dans ses interventions publiques l’importance de l’éducation pour le développement culturel, social et économique du Québec, renouvelant l’idée par la métaphore des ressources naturelles. (Langlois, p. 263 – 64/69) :
«Nous voulons que l’État reconnaisse pratiquement le principe dont nous nous sommes convaincus qu’il était au centre de notre culture : à savoir, qu’il y a une primauté du spirituel. Que les écoles, les collèges et les universités sont au moins aussi importants que les routes, que les ponts, que les mines. Que le minerai le plus précieux à exploiter, par nous-mêmes, est encore celui de l’esprit. Nous possédons, dans le Québec, un Ungava intellectuel et académique de grande promesse [2]
Le 31 mars 1952, Jean-Charles Falardeau traite du thème « Grandeurs et misère de la liberté universitaire[3] ». Il y expose ce qui fait l’originalité du métier d’universitaire. Il plaide d’abord pour l’amélioration du sort du professeur de carrière à l’université. Il décrit le professeur comme un homme « traqué par ses propres soucis financiers[4] », souvent contraint d’accepter des contrats à l’extérieur de l’université et « d’entreprendre des tâches mesquines le plus souvent étrangères à sa profession ». Il dira : « La servitude que je veux signaler consiste en ceci que l’universitaire qui met son talent à la remorque de ‘patrons’ extra-universitaires cesse d’être libre dans sa recherche. Il laisse décider par d’autres les problèmes qui ont de l’importance ». Il plaide donc pour le respect de l’autonomie des universités et de l’universitaire.
Jean-Charles Falardeau est intervenu plusieurs fois dans le débat sur l’éducation. Par exemple, le 23 octobre 1956, il publie un article dans journal Le Devoir où il critique durement le chef de l’Union Nationale :
« Si M. Duplessis et son régime s’étaient caractérisés par une politique cohérente et positive envers l’éducation en général et les universités en particulier, (…) peut-être accorderions-nous attention à ses propos lorsqu’il s’improvise le porte-parole de la collectivité canadienne-française[5] ».
Il ira jusqu’à traiter Maurice Duplessis de « Jupiter tonnant, assembleur de nuages, qui n’a de force que grâce au mutisme ou à la pusillanimité de ceux qui le tolèrent. (…) Lui qui se vante de ne pas lire est singulièrement mal qualifié pour disserter des choses de l’esprit ». Écrite publiquement de telles choses à l’époque duplessiste demandait une bonne dose de courage. 
Falardeau s’est aussi impliqué activement dans le conflit qui a opposé les étudiants universitaires au gouvernement de Maurice Duplessis au cours de l’hiver 1958. Les étudiants réclamaient que les universités soient mieux financées et que les bourses d’études soient bonifiées. Le 6 mars 1958, il intervient devant les étudiants rassemblés à l’Université Laval. Écoutons-le :
 « Je nous vois tous, étudiants et professeurs d’universités de cette province, comme ces hommes rencontrés par Dante dans un des cercles de son Enfer – ces hommes revêtus de cagoules qui semblent dorées vues de l’extérieur mais qui, en réalité, sont de lourds et intolérables manteaux de plomb. Vêtus de plomb les étudiants qui doivent quémander des bourses insuffisantes. Vêtus de plomb, les professeurs dont les recherches, les activités intellectuelles, sont alourdies par les soucis et les paniques des finances universitaires[6] ».
Cet extrait d’un discours révèle bien l’homme. Épris de liberté, se faisant une haute de l’université et de la connaissance savante, il a notamment conservé un grand intérêt pour la littérature ce qui le porte à émailler ses interventions et ses écrits de références littéraires. Lors d’une autre assemblée, il dira « Une société vaut ce que valent ses universités ».
RAPPORT ENTRE ÉDUCATION ET TRANSFORMATIONS SOCIALES
En tant que sociologue, Jean-Charles Falardeau conçoit d’abord le lien éducation et société dans l’optique de la socialisation de l’enfant. Pour lui, c’est la famille qui représente le premier (et le plus important) groupe social à l’intérieur duquel l’individu devient et apprend à devenir une personne sociale. C’est à l’intérieur de la famille qu’a lieu la socialisation de l’enfant (processus de la première éducation) C’est dans sa famille l’enfant fait l’apprentissage des premiers rôles sociaux, c’est-à-dire l’ensemble de ses devoirs, de ses obligations. Son premier statut social dans l’existence, peut-être celui qu’il conservera toute sa vie, sera celui octroyée par la famille. Toutefois, le sociologue constate que la famille demeure le seul univers social de l’enfant durant moins de temps qu’auparavant. C’est en tant que membre de différents groupes extra-familiaux (compagnons de voisinage, camarades de jeu, etc.) que l’enfant apprend un très grand nombre de choses. Très tôt aussi d’autres agents d’information l’influencent : les journaux, la radio, les livres, le cinéma.
Dans quelle société le sociologue évolue-t-il ? Rappelons quelques éléments. L’enseignement destiné aux catholiques, est sous la responsabilité immédiate du clergé : l’État n’y joue qu’un rôle administratif et subalterne. Chacune des deux universités de Montréal et de Québec a, comme chancelier, l’archevêque de la ville. Leur recteur respectif, ainsi qu’un bon nombre de professeurs, surtout dans les facultés de théologie, de philosophie et de lettres, sont des membres du clergé. Chacun des 65 séminaires ou collèges classiques de l’enseignement secondaire, rattaché à l’une ou l’autre des deux universités, appartient soit au clergé séculier d’un diocèse, soit à un ordre religieux. Enfin, l’enseignement primaire dispensé par les congrégations religieuses aidées d’instituteurs laïques, et organisé localement sous la juridiction de commissions scolaires, dépend ultimement d’un Conseil provincial de l’instruction publique dont font partie le droit tous les évêques de la province, assistés d’un nombre égal de laïcs. Ainsi, il constate que le clergé n’est-il pas au-dessus ni au-delà, mais à l’intérieur même de la société. En bref, la trilogie prêtrise-médecine-droit demeura l’apanage professionnel des canadiens-français pendant des décennies. Le contrôle exercé par l’Église catholique sur l’éducation pesait lourd sur le choix des carrières des collégiens. Cet enseignement en voulait être un de culture générale et conséquemment évitait tout ce qui aurait pu sembler pratique ou préparer pour l’avenir des hommes d’affaires. L’élite de la société ne pouvait être que « professionnelle » les occupations commerciales ou industrielles étaient quelque chose d’anglo-saxon, de protestant. Enfin, pour la grande, la grande majorité de la population, l’éducation se limitait à quelques années de classe au primaire.
Voyons maintenant les liens entre éducation scolaire et transformations sociales, tels que vus par Falardeau. Permettez ici que nous citions longuement le penseur :
«La société canadienne-française traditionnelle, je veux dire, jusqu’à il y a trente, quarante ou cinquante ans, pouvait dans son ensemble être considérée comme assez homogène et relativement peu segmentée. D’une part, il y avait les campagnes – la société rurale, la plus importante, la vraie ; d’autre part, deux ou trois grandes villes, quelques petits centres de caractère plus rural qu’urbain. Là, une société composée, telle que l’a décrite Léon Gérin, de familles rurales indépendantes et jouissant toutes d’un statut sensiblement égal. Ici, des assemblages de groupes déjà plus divers, artisans, ouvriers, commerçants, entrepreneurs, professionnels, clergé et religieux, mais dont chacun restait, par le jeu des mariages, des relations personnelles et des contacts fréquents sur des territoires restreints, facilement compénétrable aux autres. Un certain nombre de « bourgeois » ou d’« aristocrates » se différenciaient de l’ensemble par leur aptitude à se mêler davantage au groupe social supérieur et « étranger », celui des anglophones, généralement installés aux étapes supérieurs de la vie sociale.»

«Depuis que notre province a vu les industries proliférer, son propre caractère se transformer et les masses rurales s’agglutiner dans les milieux urbains encore en voie de croissance, notre société, simultanément, a acquis des caractères de complexité, d’hétérogénéité et de segmentation qu’elle n’avait pas jadis et qui l’apparentent de plus en plus aux autres sociétés urbaines, complexes, du monde moderne. On parle, sommairement, de « prolétariat » urbain ; des unions ou des syndicats professionnels ont cristallisé des attitudes, voire des réflexes de « classe » contre d’autres groupes, eux-mêmes encore inhabiles à exprimer toutes les exigences de leur statut soi-disant « supérieur » ; l’institution paroissiale, jadis structure homogène et suffisante de la vie sociale, tend, dans les villes, à devenir segmentaire, c’est-à-dire identifiée à un groupe de population, à une classe économique ou sociale ; les jeunes conçoivent davantage leur carrière en termes d’une ascension combative qu’il faudra réussir en dépit de digues et de remparts sociaux inexistants au temps de leurs pères ou de leurs grands-pères. Ces faits et bien d’autres encore signifient que nous assistons dans notre société à l’émergence sinon à la solidification de classes sociales nouvelles, en même temps qu’à un « re-brassage » des anciennes compartimentations.» (p. 130-131)
  
En somme, conscient des limites de sa société, Falardeau constate toutefois que celle-ci change et que ce changement l’aligne de plus en plus sur les autres sociétés occidentales. Il sait alors que le système d’éducation devra changer en profondeur afin de suivre le moment inéluctable qui emporte la société québécoise.
CONCLUSION
Formé à Chicago dans les années quarante, Jean-Charles Falardeau a exercé sa profession pendant 38 ans à l’Université Laval. Sa contribution à la compréhension de la société québécoise, alors en pleine transformation, est immense. Adoptant une approche clinique et objective, ses recherches brossent un portrait fin et subtile d’un Québec écartelé entre la modernité et la tradition. Il n’aura de cesse de diagnostiquer les transformations sociales qui surviennent dans le sillage de l’industrialisation. Dans ses analyses, il insistera toujours sur « la dualité » qui caractérise la société québécoise, dualité due en partie au passage abrupt d’une société sous la gouverne de l’Église catholique à une société essentiellement technocratique. Son œuvre se caractérise aussi par un souci constant pour la qualité de la langue française; ce qui mérite d’être souligné. Chercheur, Jean-Charles Falardeau l’a été totalement. Cependant, loin de concevoir la recherche d’un point de vue éthéré, il a toujours plaidé pour une sociologie engagée dans les débats sociaux, une sociologie active à même de soutenir le développement d’une conscience sociale. Bien que l’éducation ne fut pas à proprement parler au cœur de ses recherches, son œuvre nous rappelle que « l’oubli de la société » (comme dirait un autre sociologue important du Québec) ne peut que nuire à notre compréhension des phénomènes éducatifs.
Références
Carle, M. (2010). Étude sur la sociologie de Jean-Charles Falardeau. Mémoire de maîtrise présenté à la Faculté des études supérieures et postdoctorales de 1'Université d'Ottawa, pour l'obtention du grade de maîtrise es arts en sociologie.

Falardeau, J.-C. (2013). Sociologie du Québec en mutation. Aux origines de la Révolution tranquille. Introduction et choix de textes par Simon Langlois et Robert Leroux. Québec : PUL.

Langlois, S. (2012). Jean-Charles Falardeau, sociologue et précurseur de la Révolution tranquille. Les Cahiers des dix, Numéro 66, p. 201-268.





[1] Jean-C. Falardeau, Discours de remerciement lors de la remise du Prix Léon Gérin, le 23 octobre 1984 (DAUL, P126/F1-5).
[2] Jean-C. Falardeau, « Enlever notre manteau de plomb », discours prononcé à l’Université Laval le 6 mars 1958 (DAUL, P126/A,105), p. 6.
[3] Jean-C. Falardeau, « Grandeurs et misères de la liberté académique », causerie donnée sur les ondes de Radio-Canada, le 31 mars 1952, 10 h 15 à 10 h 45 (DAUL, P126/A,59).
[4] Jean-C. Falardeau, « Grandeurs et misères de la liberté académique », causerie donnée sur les ondes de Radio-Canada, le 31 mars 1952, 10 h 15 à 10 h 45 (DAUL, P126/A,59).
[5] Jean-C. Falardeau, « Les octrois fédéraux aux universités », Le Devoir, 23 oct. 1956.
[6] J.-C. Falardeau, « Enlever notre manteau de plomb », loc. cit. p. 6.

mardi 17 avril 2018

Action et contingence

En histoire il n'y a pas de rapport causal car l'histoire renvoie inévitablement aux actions des protagonistes et donc à la contingence.

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